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31.08.2007

Les chiens ne sont pas citoyens

388d46240e3cc7135920d335aebd4bd9.jpgLe monde journalistique est une foi de plus en émoi devant la cruauté du monde. L'insoutenable vient d'être réitéré alors que nous pensions vivre en parfaite harmonie au sein de notre biosystème urbain républicain, qui plus est au 21e siècle.
Depuis 10 ans, rien n'y fit. Ni les émissions scientifiques d'information citoyennes, ni le ton convaincu de politiciens drapés du prestigieux titre d'MC (Maître Chien), le temps d'une déclaration alimentée par les conseils techniques figurant au verso d'une brochure monochrome, distribuée par la permanence de la SPA, ne permirent de bannir définitivement la violence du génotype canin. C'est donc avec émotion et horreur, que l'ensemble de la Profession, relayée par une classe dirigeante abattue, mais néanmoins digne dans la détresse, constata de nouveau cette insoutenable réalité : les chiens mordent et peuvent avoir un comportement de prédateur (qui plus est au 21e siècle).

Outre la tristesse de l'événement, incarné par le décès de cette fillette de 18 mois, survenu le 27 août à la suite de l'attaque d'un chien de type molossoïde, il convient de faire le point sur la somme d'âneries pondue à la fois par les journalistes et leurs acolytes politiciens, comme il est souvent d'usage lors d'un tel événement. Ainsi, pour François Fillon, il est nécessaire de mettre en place des « règlementations beaucoup plus sévères face à des « chiens qui n'ont pas leur place dans la société, dans la ville »1. Ces termes désignent bien évidemment l'American Staffordshire Terrier, chien issu de croisements canins optimisés  pour le combat, dont les standards physiques contemporains furent approuvés en 1936 par l'American Kennel Club, l'équivalent U.S., de notre bien connue Société Canine. 70 ans de sélection rigoureuse orientés pour répondre à un objectif esthétique primant sur la fonction initiale, n'ont bien sûr, pas totalement effacé son conditionnement d'origine, ce qui fait du staff, un animal parfois imprévisible qui attaquera sans préavis ; comportement d'autant plus gênant que sa mâchoire possède une amplitude optimisée pour le mordant. L'air du temps semble pourtant oublier que la plupart des chiens est issue d'une recherche génétique particulière, dont la finalité a souvent touché la défense ou l'attaque. À moins de ne vouloir garder que les chiens à mémères, il sera difficile pour François Fillon de faire disparaître de la ville 71.000 chiens à capacité de nuisance reconnue ou non.
 
Nicolas Sarkozy, quant à lui, fait dans sa nuance proverbiale, en déclarant  « Si même un jour on peut aller jusqu'à l'interdiction de la possession de ces animaux, cela sera parfait »2. L'ex Premier Flic de France, dont l'inefficacité en matière de délinquance n'est plus à démontrer, propose donc d'interdire certains chiens, dont les frontières physiologiques poreuses, risquent de donner un important mal de crâne aux commissions chargées de définir celles qui relèvent ou non du danger. Heureusement que Michèle Alliot-Marie nous gratifie de ses talents d'experte en la matière, en demandant une "interdiction de procéder à certains croisements de chiens"3, alors qu'il n'est plus à démontrer que les types berger allemand, doberman, rottweiler, qui constituent somme toute des races stabilisées depuis la reconnaissance de leurs caractéristiques physiques et comportementales par des organes compétents, n'en restent pas moins dangereuses, placées entre de mauvaises mains.

L'effervescence politico-médiatique qui succède à ce type de fait divers, s'appuie malheureusement sur des considérations sociétales et non rationnelles. Le dispositif de contrôle des chiens dangereux crée en 1999, à la suite de la déferlante Pitbull qui toucha nos CPF se découvrants subitement zoophiles durant cette période, avait surtout pour mérite de limiter les élevages sauvages clandestins, qui firent de chaque cave de citée le laboratoire au rabais, dans lequel des lices maltraitées devinrent l'occasion d'arrondir les fins de mois, qu'un RMI doublé d'un apport de vente de shit marocain ne suffisaient visiblement pas à combler. Nonobstant le martyr de ces milliers de chiens nés dans des conditions effroyables ; battus, torturés isolés ou abandonnés, il est bon de rappeler que cette loi limita l'expansion francilienne de ses animaux ; puisque les textes définirent le type Pitbull comme non LOF (càd issu du Livre des Origines Françaises), donc interdit à la possession, à la reproduction et à la vente. Nous comprenons donc aisément qu'ils visèrent essentiellement nos amis les banlieusards, obligés d'économiser 1200 Euros pour posséder un chien dans les normes, élevé par des professionnels agréés. par conséquent, leur présence dans les quartiers pittoresques baissa de manière drastique, la France entière compris alors que l'amour canin avait des limites pour les amoureux transis du crocodile vert.

Ne sachant trouver le juste milieu susceptible de contenter à la fois l'opinion publique, et les amateurs de chiens molossoïdes, Les textes de loi établirent, sous la pression médiatique, un classement délirant définissant les bâtards de type pitbull, tosa, ou mastiff comme chiens d'attaques, et les chiens de race à pedigree staff, rottweiler et Tosa comme chiens de défense, donc relevant de la deuxième catégorie. Il va s'en dire que cette tentative de limiter la fonction à l'aspect, n'est pas particulièrement intelligente. En effet, rien n'empêche un propriétaire de chien de race de conditionner son animal pour l'attaque, mais cette option semble totalement échapper aux rédacteurs de la circulaire, qui parraissent vouloir cristalliser tous les poncifs du monde journalistique, avec ce chic administratif, dès que l'occasion leur est présentée. Certaines émissions grand public émerveillées par cette surenchère bestiaire permanente, traquaient l'image du digne successeur à ce pitbull juridiquement malmené en voie de disparition. La réaction en chaîne ne se fit pas attendre à l'annonce d'une énième tentative de comparaison pitoyable, dont nos journalistes ont le secret. Dans la lignée du James Brown blanc ayant un jour désigné Garou consécutivement au travail de fond mené par des pisse copies avertis, le pitbull de 80 kg fut mis à jour à la découverte du Boerboel ; ce fameux molosse sud-africain employé par les Afrikaners pour défendre les fermes et les plantations. Mis à mal par son origine, le Boerboel devint le chien tueur d'esclaves, ce qui est toujours plus sympa à glisser dans un article, quand on est un couillon de journaliste formé à la rigueur historique du CFJ. Non content de posséder un profil de chien blanc, dressé au moment des heures les plus sombres de l'histoire de l'Humanité (j'en frémis), le nom Boerboel, qui peut être traduit par grand chien en néerlandais, se transforma en Boerbull pour correspondre au suffixe du pitbull, et ainsi développer dans l'esprit émotif, une correspondance directe entre ces deux types de chiens. Il va sans dire que le procédé relève de la plus pure escroquerie, mais néanmoins officialisée par le génie de notre administration qui reprit dans son rapport Les animaux dangereux et errants du 31 juillet 2006, cette nouvelle appellation, née de l'hystérie d'une époque, et de l'esprit d'un professionnel de l'information ayant misé sur le spectaculaire à défaut de la méthode.

Devant une société lisse et aseptisée qui se plaît à jouer l'autruche devant une certaine idée de la violence, quelques incarnations de cette dernière restent difficiles à cacher et à tolérer, car relevant des peurs primitives. Les agressions de chiens constituent probablement l'une d'elles. Constatant que les victimes d'attaques canines sont la plupart du temps des enfants ou des personnes âgés, il est probable que la société y voit la résurgence ancestrale du faible dévoré par la bête, exhumant ainsi la métaphore du Diable à la recherche d'une âme isolée. Pour peu que la victime soit vêtue de rouge...
28 décès en 18 ans relatifs à des attaques canines ne constituant pas un chiffre colossal au regard du nombre d'accidents de la route ou d'homicides en France, il est légitime de se demander si la législation et le renforcement des lois ne visent pas d'avantage à apaiser les phobies qu'à protéger les citoyens. Les réactions disproportionnées demandant l'interdiction de ses chiens, traduit une fois de plus une attention portée sur les conséquences et non sur les causes.

Kaali / PKK

1 SUPLY Laurent, Le Figaro.fr, Comment éviter les accidents avec les chiens dangereux, 27 août 2007.
2 SUPLY Laurent, ibidem.
3 C.J, Le Figaro.fr avec l'AFP, Michèle Alliot-Marie veut interdire certains croisements de chiens, 27 août 2007.
Ministère de l'Agriculture et de la pêche, Direction Départementale des Services Vétérinaires d'Indre-et-Loire, Les animaux dangereux et errants, 31 juillet 2006, 36 p.
 

04.08.2007

Oyez, Oyez, brave gens, dormez tranquille...

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"En cas de location d'un appartement ou d'une villa, veiller à embaucher un gardien de jour et de nuit"
 
http://www.diplomatie.gouv.fr, rubrique Conseils aux voyageurs. 

03.08.2007

Autoportraits

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Kaali              Kaarlo 

02.08.2007

Cahier d'un retour au pays anal : Police de proximité

Après avoir été contacté à 9 heures du matin pour établir un constat sur le vol dont le groupe avait été victime, le sous-officier de gendarmerie arriva prestement vers 17 heures pour recueillir les indices susceptibles de confondre l'auteur de cet acte indélicat.
Courtaud et engoncé dans un uniforme vert olive au fond de culotte rapiécé par un écusson sale de Winny l'Ourson léchant un pot de miel, le sergent s'affala sur sa chaise, et s'exprima de manière inaudible entre deux bulles de chewin-gum, devant le responsable du bureau. Face à des questions obsessionnelles sur la secrétaire,  nous entreprîmes, avec pédagogie, de lui narrer la chronologie des dernières 48 heures, afin de doter son enquête des éléments nécessaires pour qu'elle se réalise dans les règles de l'art.

Rompu à l'exercice pour avoir déjà conduit des perquisitions dans les domiciles respectifs de l'ensemble du personnel, lors d'un problème de vol similaire, le sergent nous demanda cette fois de le laisser mener la procédure jusqu'au bout, et d'éviter le sentimentalisme qui compliquait les mécanismes subtils d'un travail de haute précision. Convaincu au bout de 2 minutes que le voleur était le garçon de ménage ou la secrétaire, il nous demanda d'emblée de porter plainte contre eux pour les précipiter au commissariat, où il aurait tout le loisir de leur "filer la diarrhée" et de faire ainsi "sortir l'appareil photo de sa cachette".
Prenant comme modèle de pragmatisme les chefs d'état africains, il me dit en palpant son entre-jambes que "nos présidents tuent et qu'ils savent pourquoi". La théorie s'accompagnant bien souvent d'un exemple concret afin de faciliter l'explication à l'interlocuteur dubitatif, il ajouta qu'il avait "abattu la semaine dernière un innocent qui s'enfuyait de la prison à 2 heures du matin, après avoir confondu ses guenilles avec l'accoutrement d'un voleur". Constatant avec regret mon affliction devant ce vol, il tenta de me rassurer avec tact, en précisant que "la prison c'est fait pour mourir" et que je devais me réjouir d'y précipiter mes collègues qui auront tôt fait de dénoncer le coupable.

Plutôt décontenancé par la méthodologie, je lui demandais si il était de bon aloi de me procurer une arme à feu pour lutter contre cette criminalité galopante ; il me rétorqua donc avec complicité et sagesse : "laissez nous faire, on va le faire sortir votre appareil ; ou ils mourront tous".

Kaali/PKK

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