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29.09.2007

Tintin au pays du MRAP

a850209362cc1eed799c14e0456692a3.jpgLes tintophiles se souviennent certainement des versions pirates de leur héros, où le sympathique reporter à la mèche érectile, se transformait à l'issu de quelques bouteilles de whisky bon marché sifflées avec le capitaine Haddock, en affreux prédateur sexuel de passage en Thailande, ou en zoophile patenté toujours prêt à faire la fête au derrière de Milou (La vie sexuelle de Tintin). D'autres versions plus taquines présentaient la couverture du Crabe au pinces d'or agrémentée du titre Tintin à Paris, ce qui représentait pour l'époque un effort incontestable en prévision de la satisfaction des demandes du Mrap ou du Cran relatives aux nouvelles contingences de la société. Le monde bouge, il semble donc essentiel de réécrire l'histoire tintophile sous l'oeil vigilant d' associations inquisitrices toujours prêtes à dénoncer la caricature qui humilie le standard MIB (Magnifique, Intelligent et Noir) édicté par très select Club 21.

Après une plainte initiée par un étudiant congolais de 38 ans que nous pouvons imaginer en Europe pour se doter d'une formation complète destinée à lui permettre de développer son pays quand il sera plus grand, Le Cran et la Mrap emboîtent le pas à cette splendide initiative citoyenne en convoquant les éditions Casterman (encore des Juifs négriers) afin de faire cesser le scandale Tintin au Congo. Le crime reproché ? Colporter des préjugés racistes sur les noirs.
Il est évidement qu'à la lecture unique de cet épisode, quiconque n'est habitué aux traits sans concession de l'auteur, y trouvera une trame un peu grossière, mais celle-ci n'est pas seulement imputable à cet album, puisque la caricature est une constante chez Hergé. Ce dernier devrait même être décoré Chevalier des Arts et des Lettres à titre posthume, puisque soucieux d'intégrer à son œuvre myriade de profils issus de la diversité. Allant dans ce sens, je ne crois pas que les petits Boule de Neige ou Abdallah colportent plus de préjugés racistes que la progéniture morveuse de Séraphin Lampion ; courtier en assurance leucoderme d'une beauferie manifeste.

En revanche, la relecture du document succédant à un récent voyage de 8 mois dans cet ex Congo Belge m'a convaincu que l'album comportait bien des faiblesses, et était très en deçà de la réalité anthropologique locale. Par conséquent, quelques points de réécriture s'imposent pour rendre cette Afrique imagée plus conforme au tableau du continent, et moins aux délires d'associations révisionnistes pour qui Will smith constitue une alternative sérieuse à Patrice Lumumba.

Ce que je n'ai pas vu dans l'album d'Hergé, mais vu en RDC, et souhaiterais voir figurer dans une prochaine édition

- Des milices mayi-mayi qui croient être invincibles aux balles en se badigeonnant d'un extrait de plantes locales.
- Des enfants soldats qui se promènent avec des colliers de bites autour du coup
- Des crânes trépanés pour satisfaire des coutumes guerrières d'anthropophagie afin de posséder l'intelligence du cerveau mangé
- Des viols de nourrissons pour guérir du sida
- Des enfants chassés du domicile car présumés se déplacer en balais magiques pour se rendre à la fête du Sabbat
- Des gens suspectés vampires lynchés par la foule (leur seul tord était de conduire une voiture rouge)
- Des populations qui voient voler des vampires au dessus des volcans, et qui tentent de les chasser en tapant sur des casseroles la nuit
- Des inspecteurs de police qui utilisent la bible et un bout de ficelle pour mener une enquête scientifique
- Des chefs de village qui veulent me filer leur fille contre un casier de Pelfort
- Des policiers anti-terroristes qui veulent me vendre des armes

Bien évidement, je conçois tout à fait que cet univers soit aux antipodes du petit monde bourgeois calfeutré des professionnels de la discrimination, pour qui le summum du racisme est perceptible dans le langage châtié des chiens africains à la fin de l'album d'Hergé. Qu'auraient-ils préféré au bout du compte ? Que le scénariste les fasse converser en petit nègre pour ensuite accuser l'auteur de comparer les noirs aux chiens ? Outre le fait de ne pas y déceler un langage canin international codifié en français pour que le lecteur puisse le comprendre, l'individu de mauvaise foi admettra que le seul procès qui vaille, est celui de l'intention.

Si l'enjeux politique du moment consiste à insérer un avertissement contre les préjugés racistes en première page, la véracité historique nécessitera alors de placer un récapitulatif de la régression du Congo depuis la parution de l'album de Tintin en dernière page. Ce n'est qu'au prix de cette alternative que nous pourrons anéantir le travail de déconstruction mentale de ces associations de merde. Si cette option n'est pas retenue, il ne restera plus qu'aux puristes et amateurs d'histoire à réhabiliter le marché noir en commerçant à l'image des versions pirates, les livres interdits sous le manteau, en monnayant le non-expurgé à prix d'or, tout en restant attentifs aux rafles et arrestations susceptibles d'être opérées sous dénonciation.
 
Kaali / PKK 

14.09.2007

Trois poids trois mesures

Si nous devions qualifier la gravité d'une profanation de cimetière sur une échelle de mesure en France, il y a fort à parier qu'une stèle souillée relevant de la religion chrétienne, serait à peine assimilée au sort d'une pauvre borne kilométrique entamée par plusieurs couches d'urine de chien. Aujourd'hui, il en est des dégradations comme des crimes ; pour des raisons qui tiennent du cosmique et de l'immuable, certaines profanations méritent d'avantage de clémence que d'autres, ou au contraire sont susceptibles de déclencher une réaction en chaîne à la mesure du martyr d'une communauté visée ou de l'origine du profanateur. Et ce constat est proprement édifiant, si bien que l'on est en mesure de se demander si l'on en fait pas trop d'un côté, ou pas assez de l'autre.

Dans la droite lignée des actions préjudiciables pour tous, une bande d'abrutis est condamnée à de la prison ferme pour avoir profané le cimetière juif de Herrlisheim en Alsace, nous apprend Le Figaro. Après avoir maculé 117 tombes de croix gammées, de sigles SS et de slogans antisémites, les trois prévenus écopent d'une peine de 30 mois, 18 mois et 6 mois fermes, verdict "clément" d'après le journal. Sans vouloir jouer les avocats du diable auprès de ces trois "jeunes" (vous noterez l'euphémisme insupportable dans ce cas de figure), il semble que le jugement émanant du tribunal correctionnel à l'encontre de graffitis (même odieux) soit plus sévèrement puni qu'un vol avec violence, ou qu'une dédicace calligraphiée au poska par un CPF, "Nike ta race de francé" (l'allusion à une marque de sport n'étant probablement pas considérée comme une insulte raciste). Ces incivilités écoperaient au maximum de 15 heures de travaux d'intérêt général en restant optimiste. Et que penser des cinquante et une tombes du carré juif du cimetière de Lille-Sud renversées par un maghrébin, qui suscitèrent une tendre complaisance de la part d'un journaliste engagé du Monde, et presque autant de la part du juge?

Notre justice, obsédée par une résurgence des heures les plus sombres de notre histoire à défaut de faire surveiller les plus sombres heures de la nuit, n'est plus apte à juger les faits, mais d'avantage à distribuer des réponses coercitives selon l'esprit, le style dans lequel le crime ou le délit a été commis. Faire quelque chose de pas bien avec une pensée sale, voilà probablement le pire des forfaits.
 
Kaali / PKK
 
 
C.J. Le Figaro avec AFP et AP, Verdict clément pour les profanateurs d'Herrlisheim, in Le Figaro.fr, 12 septembre 2007.

08.09.2007

Complète le tableau [1] solution

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07.09.2007

Complète le tableau [1]

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Révélation du teasing demain

02.09.2007

Rama Yade, tableau d'une copie en série

d1eed888d64e4c0d48839a3b6c078592.jpgLe magnifique trompe l'oeil de la diversité gouvernementale, qui fut l'une des réponses apportées au candidat Sarkozy pour flatter les lobbies communautaires, ainsi que l'air du temps, se trouve malheureusement entachée par cette pitoyable manie politique française, qui consiste à faire du bruit autour d'un non événement afin de combler le vide abyssal de son efficacité.

Et comment pourrait-il en être autrement au regard de la nomination de Rama Yade, dont Sarkozy prit un jour la défense face à un collaborateur dubitatif devant sa préparation à la fonction en avançant "Je sais qu'elle n'est pas prête mais elle a le temps d'apprendre". Quelques esprits impressionnables ont cru déceler dans l'exotisme de la nomination, une petite Révolution du paysage politique français, car comprenez-vous madame, elle est bien noire, ce qui équivaut à déféquer une conclusion autorisée par le système, avec tout ce travail pré-mâché qui vendit la demoiselle en tant que noire, et non en tant que jeune ; segment qui constituait pourtant, un petite Révolution autrement plus intéressante.

Il est toujours stupéfiant de constater la candeur de nos contemporains en matière de politique et l'amnésie qui les frappe devant l'histoire, le temps d'une campagne présidentielle, dont les confettis et les bruits de fanfare constituent probablement un brouillage sensoriel de haute intensité. Puisque le système médiatique et l'équipe de communication du Président ont décrété que l'épiphénomène relevait de l'événement, une partie du bon peuple a  trouvé innovant le fait de nommer une femme issue de la diversité au poste de secrétaire nationale de l'UMP chargée de la Francophonie. Quelle petite Révolution ! Dans l'euphorie d'une époque orientée sur l'ego et le culte de la nouveauté, peu de Français semblent se souvenir de Gaston Monnerville, président du Sénat de 1958 à 1968 ; Guyanais ayant  passé 10 ans à incarner le deuxième personnage du pays au sein d'une fonction convoitée par un nombre conséquent de politiciens. Mais la nomination de Rama Yade au poste de SNUMPCF, ça constitue tout de même un événement de plus grande importance, puisqu'on nous l'a dit. Quelle petite Révolution !

Quant à Blaise Diagne, entré au parlement français en 1914, Sous-secrétaire d'État au Colonies en 1931, et Premier ministre noir de l'histoire française ça vaut pas, puisque Nicolas Sarkozy n'était pas encore né à cette époque. Lamine Guèye, Sénégalais Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil en France, ça vous dit quelque chose ? Bien sur que non, car l'innovation relevant du pouvoir suprême de Nicolas Sarkozy. rend toute action politique antérieure à 2007, non conforme au qualificatif de petite Révolution. Devant un tel mépris affiché par l'exécutif, pour les institutions passées, Joseph Conombo, Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko, Félix Houphouët Boigny, Léopold Sédar Senghor sous Edgar Faure, Maurice Bourgès-Maunoury, Modibo Keita, Huber Maga, tous noirs et hommes politiques français, ne représentent plus que l'ombre d'une époque ou le talent primait encore sur le spectacle. Et que penser du pragmatisme et de l'ouverture de nos ascendants ayant trouvé en la personne de Jean-Baptiste Beley, un parfait élu pour Saint-Domingue à la Convention en 1794 puis aux Cinq Cents sous le Directoire ?

Nicolas Sarkozy et ses faire-valoirs,  représentent pour l'heure l'image la plus caricaturale du système, que nous pouvions être en mesure d'attendre de ce dernier. Lié aux médias autant que ces derniers le sont à lui, il ne se passe pas une journée sans que la veulerie du Figaro ou que l'acharnement de Libération à son encontre, ne colportent de manière exponentielle ses fausses expérimentations sociétales, les sirènes d'un temps prétendu nouveau, né avec le Président, qui finalement ne demeurent que le pâle reflet su papier glacé, du tableau national que brossèrent ses prédécesseurs depuis les trois siècles qui succédèrent à la Révolution.

Kaali / PKK

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