« Nos ancêtres les gaulois | Page d'accueil | Une vieille professionnelle sans lendemain »
29.04.2008
Anti- : un préfixe de gauche
On connaît tous les anti-, cela démarra comme une maladie du XIXème siècle, une maladie de langueur, on eut les antisémites qui commencèrent à gauche, Toussenel et l’ami Fourier en tête, suivirent les anticléricaux qui bouffaient du curé, de la bonne sœur et du moine réfractaire, on rêvait des postures festives de l’an II, fermeture des cloîtres et des couvents, mariages forcés des prêtres, exécutions, on eut Léo Taxil, en prévaricateur du Grand Orient, infiltré au Saint-Siège, on eut les inventaires et la séparation, à terme on attendait la régénération des juifs de l’assimilation, on l’attendait depuis Voltaire, on eut la laïcité, la fondation de toutes les libertés comme on dit les jours de banquet.
Au final, Vichy vint, les juifs découvrirent que l’étude de la Torah les tenait debout, athées et agnostiques, pieux et mécréants, les républicains, que le tour de France par deux enfants et les fadaises de la morale sociologique à la Durkheim pouvaient bien servir de torche-culs. Quelque soit sa résistance, sans parler des commensaux de Vichy et de la collaboration, il fallut pactiser avec le camarade Guépéou, avec le bigot honni, tout devenait compliqué et la complication eut un nom, de Gaulle.
Bien sûr la gauche ne pouvait pas renoncer à l’anti, ça la fonde. La gauche, en substance, est réactive, elle a du mal à proposer, parce que la gauche moderne, Terreur et Goulag, temesta et eugénisme pour la version light suédoise, c’est drôlement harnaché. Elle devint antifasciste quand le fascisme avait du plomb dans le buffet, anticolonialiste quand la période était à la décolonisation, antiraciste quand le complexe inquisitorial se mit en place, en résumé, la gauche avait du retard à l’allumage.
Désormais la gauche a besoin d’un incarnat, Mitterrand, Ségo, Chavez pour les adeptes du tourisme politique, Delanoë pour les plus enragés de l’homophilie, Jack Lang pour les singes festifs dédouanés des morales, je ne suis pas certain qu’elle ne puisera pas à son premier amour, l’antisémitisme, on se souviendra alors du titre phare de Toussenel, les juifs rois de l’époque, le plus triste est qu’un Baudelaire en fut entiché, on imagine aisément les ravages à venir.
On l’imagine d’autant plus aisément qu’il se murmure, en sourdine, du collecteur d’opinion qui fait parfois les élections que Sarkozy est l’ignoble président des juifs, des feujs, du lobby. Comme le disait Henri-Irénée Marrou, à propos des historiens, on sait que la politique se sert de tout y compris de l’ordure pour parvenir aux seules fins qui vaillent, le sacre.
09:44 Publié dans Semyorka et Katioucha | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gauche, jack lang, chavez



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://pkk.hautetfort.com/trackback/1589600
Ecrire un commentaire