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17.05.2008
Prélude à une insurrection
Nous
ne prétendons pas que les conditions
soient réunies pour
une insurrection,
nous, ce qui n’a plus nom de prolétaire et qui l’est au sens propre
celui qui a ses mains et son jus de cerveau
à disposer.
Nous donc
nous nous interdisons
de la désirer dans sa dernière culotte, dans son ultime tour de
main,
celui de ses rites rouillés,
de cette masse documentaire,
ces débris d’icônes qui pullulent
à la crinière des bouches à feu
abjectes
de la démocratie nouvelle.
Déminons le mot,
les formes, le cache-sexe de l’oligarchie ventarde et bouffonne
nous
ne savons pas le pouvoir du peuple,
nous
ne sommes pas de ses prophètes, ni même de ses bouffons,
nous
dérivons voilà tout.
Ici, ailleurs ou autre part,
dans l’interstice d’un temps
qui coule
entre les mains
en autant d’oraisons funestes.
Regardez donc
les défroques
des prêtres à cravates,
leurs baves à chiffres et les mille et une manières qu’ils ont tous
de se mettre
comme s’il n’y avait que ça, le maître des céans.
Leurs yeux rougis, leurs flétrissures,
regardez
bienheureux, publicains des deniers qu’on dit publics
fermiers à bail
il y en avait tant déjà sous l’Ancien Régime,
un pour le sel, un pour la dîme, un pour la taille
Et aujourd’hui ?
les mots d’ordre
prolifèrent,
envahissent
et défenestrent la raison à tel point que
des hommes bronzés et à demi-concupiscents
le lorgnon sur leurs dicos
glissent les deux genoux à terre et
prient sur l’autel des marchés financiers.
ces pages je ne sais plus combien du Wall Street Journal
et de l’Economist
Et vous vengez
quiconque,
n’est pas rangé
vous
réclamez là où les tenseurs sont à plat
le démembrement des organes,
une collection de tissus qui ne se prendra plus à la sortie
pour une collecte annuelle
d’état-civil.
C’est dire à quel point
on aime la chair chez vous, la vraie chair, le frisson
et même l’ironie, délocalisez dîtes-vous
flexibilisez, amaigrissez, dégraissez, réduisez
Vous
n’avez plus de noms, plus de patries, plus de gavages,
Vous êtes dégagés
des catégories, vous vous suffisez du terme de rentiers
parce qu’après tout la guerre de classe, vous l’avez gagnée
Vos regards
s’enveloppent d’hypothèses
puis de dépit, puis de dégoût,
encore un marxiste.
Queneuneu.
Vous méritez vos places,
votre fortune,
votre jouissance,
votre gloriole,
votre paix de l’âme,
vous la méritez en bloc.
Vous redécouvrez les charmes de la terreur,
puisque cette terreur
c’est vous qui l’énoncez
ou les porte-voix
les bustes parlant et les lèvres aboyeuses des torchons et
des lucarnes à votre solde et vos mercenaires ont bien appris
à glapir et à se coucher.
De nouveau,
l’Etat exécute au fusil, à la chaise, à la pendaison
L’Etat exécute à froid
pour une simple question d’honneur et de moeurs
la crédibilité, je crois.
De nouveau
l’Etat nombre et dénombre le trop plein et les à cotés
on mobilise, on parque, on incise, on renvoie
on défait et refait le corps toujours en fuite et jamais parfait
de la nation faîte Etat
de nouveau
l’Etat introduit garant, se proclame imperfectible et débile
Tenant sur des béquilles et des intérêts
de nouveau
l’Etat tend la sébile
de nouveau l’Etat intègre
la biologie et invente
les fraternités du génome
tous égaux devant l’ADN
qui signe l’humain et le démarque du chimpanzé,
1% de démarcation c’est dire si la ligne est prête
à se déplacer.
Et nous le regardons inoffensifs et choyés
épaves discrètes d’une guerre à mener.
arlozoroff/pkk
15:33 Publié dans Discours du Secrétaire du Parti | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : insurrection




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Commentaires
taïaut taïaut !
frissons et marche froides...
bien joué camarade poète !
Ecrit par : p. | 19.05.2008
Oligarchie vantarde
Ecrit par : PLC | 19.05.2008
masses avachies
Ecrit par : pkkafternoon | 22.05.2008
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