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03.07.2008
Discours de Sarkozy sur Bétancourt : l'énuque qui croyait libérer la Princesse
Le bon goût nécessiterait de la part de cette forteresse gouvernementale un splendide suicide collectif inspiré de Massada,, mais il faut croire qu'aux yeux de ses tristes défenseurs, l'honneur est inexistant, et que le Monde n'a nullement besoin de réitérer l'expérience vécue par la Legio X Fretensis en 72. C'est bien dommage…
La construction des discours de Nicolas Sarkozy, s'articule autour de quelques principes synthétiques, mnémotechniques, et se terminent systématiquement par une annonce choc, dont la fonction première est de susciter une vive émotion, et la seconde, de cacher par la présentation d'un projet sociétal irréalisable, en total dissymétrie avec le bon sens, le vide abyssal de sa politique, et l'absence flagrante de résultats. Cet écran de fumée est bien sûr alimenté par le relais journalistique, qui focalisera sur la formule au lieu de se concentrer sur les faits.
Un tableau familial.
Le discours du mercredi 2 juillet ne déroge pas à la règle, et répond en plus à une scénarisation compationnelle, dans laquelle Nicolas Sarkozy placé au milieu des proches d'Ingrid Bétancourt, joue le père de famille ; donnant une impression de pouvoir décisionnel qui a bien évidement contribué à la libération de l'otage. La scène est donc divisée en deux parties parfaitement égales :
- à droite les trois enfants.
Des félicitations personnelles.
La modestie semble de mise dès le début du discours, qui prend le parti de féliciter les auteurs de cette opération d'exfiltration en partant du particulier au général. Ensuite, à environ 50 secondes, le glissement narcissique est amorcé par l'emploi de la première personne du pluriel, qui suggère que la libération a été conduite de manière frontale par le président français et son entourage : "Je voudrais également remercier tous les autres chefs d'État d'Amérique du Sud qui NOUS ont aidé […]". Progressivement, le rapatriement éclair de la prisonnière a été rendu possible par "[…] tous ceux qui en France se sont mobilisés, les comités de soutien, les artistes […]."
Le projet impossible.
La clôture du discours est lancée par l'annonce d'une énormité, du fameux projet irréalisable inscrit la droite veine délirante de son initiateur. Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, il serait envisageable que la "[…] France soit prête à accueillir tous ceux qui seraient prêts à renoncer à la lutte armée […] ", soit 10.000 guérilleros marxistes, s'il prenait envie à l'ensemble des FARC de gagner le pays de la Diversité et de vivre dans un HLM de la ville de Paris.
Le président français nous a donné une fois de plus l'occasion de constater que l'intention primait sur le résultat, que l'émotion l'emportait définitivement sur le concret. La jolie photo de famille ne pourra pourtant pas effacer le ridicule des médiations françaises, noyées dans l'amateurisme le plus complet, ni même du discours de Noël emprunté au poncif des poncif ; I had a dream.
23:29 Publié dans Propagande | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alvaro uribe, colombie, farc, ingrid bétancourt, nicolas sarkozy, ump
Bettancourt libérée, never mind the bollocks
En quoi la libération d’Ingrid Bettancourt devrait-elle me projeter dans un monde de joie sans fin et de bonheur suprême, en quoi doit-elle aliéner dans la complète adulation la moindre distance critique. Cette femme fut enlevée et détenue, soit, je doute qu’elle ait été torturée, humiliée ou victime de simulacres d’exécution ou quoi que ce soit de ce genre, son sort serait à comparer à celui de ce soldat franco-israélien détenu depuis deux ans par le Hezbollah dans l’indifférence complète ou disons dans la discrétion de Monsieur Sarkozy qui opère plus que jamais en distorsion.
Je n’admire pas Madame Bettancourt, je suis indifférent à Madame Bettancourt, je n’ai donc aucune espèce de culpabilité voire le moindre sentiment pour cette dame, je ne sais même pas ce qu’elle pense ou déclare penser. Ce que je vois est assez simple, Monsieur Uribe sort d’une crise constitutionnelle par une opération psychologique digne des annales de la déjà longue histoire de la contre-insurrection et des stratégies de la tension.
On érige un adversaire en monolithe sanguinaire, ce sont les FARC, on leur attribue crimes, enlèvements, attentats, trafic de drogue et délire idéologique, on les localise dans un lieu sauvage, la jungle, on les prétend imperméables, digne roc stalinien chu ici-bas.
Or qui suit, même en pointillé et de très loin, découvre que la Colombie vit dans une violence politique et sociale permanente depuis les années 1950, y déposer les armes quand on a choisi la voie de la lutte armée c’est se préparer un suicide en bonne et due forme, au mieux l’exil, pour les paramilitaires adeptes du sale boulot et des corvées de bois rémunérés en cash, c’est risquer le rôle permanent du cocu avec extradition vers les Etats-Unis, sinon l’oligarchie continue à tourner, les colombiens à s’exiler et d’autres à inventer une culture populaire faite de mauvais feuilletons, de musique de club et de goût pour le pimenté, bien entendu dans ce maelstrom, une seule Institution tient debout, l’armée.
Or ces derniers temps, il semble qu’Uribe soit touché par la Grâce , efficace et non plus suffisante. D’abord le n°2 de la guérilla est localisé et tué, puis le n°1 meurt, enfin on apprend qu’on peut infiltrer sans grande difficulté les FARC donc les manœuvrer, on découvre dès lors qu’ils sont, ces braves marxistes, les meilleurs alibis d’un pouvoir corrompu et rapace.
Comme pour tout pouvoir qui a le sang des autres pour moteur, le complexe colombien qui tient le pays a besoin d’icône et puisque nous sommes en pays catholique, la vierge sert parfaitement de modèle et de figure à ceci près que la Vierge colombienne ressemble étrangement à Madame Albanel, united colors of NAP and XVIIème oblige.
Je ne sais si les colombiens qui ont amassé une bonne dose d’indifférence et de ras le bol, de peur et de mépris, de petits bonheurs et de débrouille marcheront à la sanctification comme le fait notre contrée anémiée dans le sarko-delanoïsme et la liturgie larmoyante, en revanche je dirai face à de tels évènements, non me frego.
Arlozoroff/PKK
13:06 Publié dans Censure | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ingrid bettancourt, colombie, uribe


