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07.07.2008

réacosphère ou néo-vichysme ?

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La réacosphère est-elle un moyen de maintenir en place et en fonction le Front National absorbé et démembré par Nicolas Sarkozy qui lui a pris sa rhétorique cocardière et son électorat, est-elle plus qu’un prurit qui prétend rugir contre le nouvel ordre mondial ou l’idéologie dominante ou je ne sais quoi en brandissant saucisson contre merguez, rosette de Lyon contre hidjab, boudin blanc contre tchador, est-elle le réceptacle d’un syndrome du complot qu’on croise ici ou là, peut-elle agencer dans un même lieu un dispositif de défense de ce qu’elle tient pour une communauté et ce tenant lieu est à interroger, ou un organe d’attaque, d’insurrection ou d’accompagnement du coup de force hypothétique.

Prenons quelques initiatives : Novopress met en parallèle les cas d’Aïda Duvaltier et d’Ingrid Bétancourt, http://fr.novopress.info/?p=12120 . Le premier cas serait négligé parce que la pauvre Dame n’appartiendrait pas à la sorte d’oligarchie mondialiste qui est la tête de turc de l’agence de presse. Il ne vient pas à l’idée du rédacteur de Novopress que la répercussion d’un évènement est affaire de récit et d’intérêt, de négligences et d’oublis coupables, pas vraiment de complot. On oubliera la coopérante française assassinée au Cameroun, les cinq membres d’une même famille liquidée en Mauritanie par une annexe d’Al Qaida, on retiendra l’abordage d’un yacht et l’assassinat de deux clermontois à l’arme blanche, c’est l’information Potemkine de quoi tenir en éveil l’adrénaline et le goût du sang, Randolph Hearst le disait déjà, les news c’est l’industrie de la haine, pas celle de l’éveil et du rapport à l’infini turbulent du monde.

 

Evoquons la french pride mise en place par François de souche, http://www.fdesouche.com/?p=3519, l’affiche sur fond bleu, couloir éminente, celle de la Vierge souveraine, des rois et du drapeau européen, présente une sorte de Jeanne d’Arc éclairée par la lune et joignant les mains sur l’épée enfouie de sainte Catherine de Fierbois. La contre-plongée accentue une sorte de néo-vichysme pictural et propagandiste qui dit assez la redite, la répétition de l’antienne, la France fout le camp, il faut se défendre. Mais défendre qui et quoi ?.

 

Un article de Rue 89 très hostile à la mouvance donne quelques pistes, http://rue89.com/2008/07/05/un-verre-avec-les-extremistes.... , selon François "Nous, on est sur une ligne communautaire. De même qu'il y a le Crif pour les juifs, le CFCM pour les musulmans et le Cran pour les noirs, on veut défendre nos intérêts en tant que communauté. Il faut qu'on admette qu'on sera minoritaires. L'immigration est en train de foutre en l'air le pacte social. C'est l'arme du patronat pour détruire le substrat du prolétariat français.". Le nous en question n’est donc pas noir, musulman ou juif, il est animé par un substrat communautaire et un pacte social, menacé par l’alliance du patronat et de l’immigration, en un mot l’oligarchie mondialiste et libérale qui manie la scie sauteuse de la discrimination positive pour venir à bout de la substance française. Il y là tout un fond de maurrassisme mutant qui devrait dire son nom puisqu’on y retrouve la théorie remaniée des quatre Etats confédérés, l’idée d’une substance française hiérarchisée qui serait menacée enfin une sorte de sociologie religieuse qui tient le catholicisme et son symbole la cochonaille pour le sacré d’un tel ensemble. Manque le Roi défenestré par la Race en position de sujet. Ce que cherchent donc François de souche et consorts c’est un Dictateur mais ils n’osent pas bien dire le nom, à moins que ce ne soit l’idée d’un coup de force purgatif, à moins que François comme d’autres réacophiles se résignent à la parodie, le tandem Soral-Marine Le Pen.

 

On le voit la réacosphère rugit du bruit des complots et des substances, elle oscille entre la volonté purgative et l’abandon au flot de la décadence, de là un néo-vichysme intact car ce qui est écarté c’est l’intervalle infini de l’avenir, ce rapport dans lequel s’engage le nom de France qui n’est en rien continu et pour lequel il prend parfois l’envie de combattre.

 

Arlozoroff/PKK