« 2008-07 | Page d'accueil | 2008-07 »

09.07.2008

L'Afrique industrielle

La fréquentation d'anciennes zones industrielles progressivement converties en parcs d'attractions pour bobos en mal d'exotisme, constitue un rare plaisir que l'on finit par apprécier, un peu comme le ferait une rombière poissarde sur notre libido : l'obscénité du genre corrode toute forme de retenue, et c'est avec entrain que l'on explore tout nouveau chemin parsemé de merde.

Il se trouve que mon lieu de travail se situe au carrefour de tous les métissages, avec une nette prédominance pour le genre afro maghrébin, mais qui se soucie de ce détail alors que nous venons tous du Continent de la Sagesse ?
Au milieu d'un décors clairement connoté industrie automobile, qui ne peut intéresser que les spécialistes de l'histoire des techniques, évolue une population clairement calibrée pour le Sociologue des Migrations. Sa tenue vestimentaire nous renseigne d'emblée sur l'origine de celle-ci, pour peut que l'on soit familier avec l'Afrique, et sur les conséquences qu'une stratégie conjointement menée par les politiques et le grand patronat français depuis les années 60, font aujourd'hui peser sur la société française.

D'un prime abord, on est surpris par la concentration de populations africaines jouxtant l'ancienne usine. Les timides intrusions de couples à Keffieh, et autres chercheurs de lofts à retaper ne sauraient équilibrer le flux permanent du regroupement familiale, mais peu importe que la parité soit respectée puisque le monde des affaires semble prendre l'ascendant sur le cloisonnement communautaire.
J'ai ainsi pu constater que les bobos ou affidés font garder leur progéniture par des nounous africaines clandos, pendant qu'ils conspuent la droite à la terrasse des troquets à nargilés. La permanence du PC, quant à elle, crasseuse et criblée de portraits de Sarkozy grimé en Banania, accueille à flux tendu les nouveaux arrivants étrangers. Il y est annoncé que toute adhésion sera sanctionnée par une régularisation prochaine. Y'a bon !

Les Auvergnats ont en tout état de cause, définitivement laissé leur place aux Kabyles dans la gestion des débits de boissons. On peut y apprendre au comptoir, que pour 200 euros lâchés à un petit frère, votre moto volée reviendra garée avec tous ses papiers dans la boîte à gants. On se prend à fantasmer un réseau spécialisé dans le racket, l'ombre du terrorisme financé et planqué dans les caves d'une cité aménagée en sale de prière, mais la réalité est beaucoup commune, puisque l'idéologie de l'opportunisme est érigée en dogme absolu.

En suivant la thématique de l'Art de la Table, nous pouvons également découvrir des sous-sols aménagés en cantines africaines, avec un menu proposé à 1.70 Euros. Pour un peu plus, environ 10 Euros, soit le prix d'un menu standard dans un restaurant français, il est possible de se faire sucer à l'étage par de jeunes clandestines. C'est certainement plus doux qu'un déca consommé dans un brasserie, mais un peu plus cher ; on ne peut pas tout avoir.
 
Je ne sais pas à quel rythme va progresser cette misère humaine en France, mais il semble certain que le centre de Paris va se sentir bien seul dans quelques années, constituant un véritable îlot homogène en rupture radicale avec son pourtour.
Des connaissances à moi d'origine africaine, sont d'ailleurs arrivées en Espagne avec un visa touristique d'un mois, dûment tamponné par les autorités administratives européennes. Un coup du fil du consulat à l'ancien employeur, vient juste de lui apprendre qu'elles ne sont pas revenues depuis deux mois. Disparues... on se demande bien ou.

J'attendrai devant la permanence du PC de mon quartier. Je suis certain de les y trouver très prochainement. J'en profiterai pour leur faire visiter la France…
 
Alibekov / PKK 

Racistes et Discriminés

CIMG0773.JPG

 

Le racisme est une entité floue, tantôt c’est une doctrine, parfois un acte, le plus souvent une série d’actions auxquelles on impute une motivation unique. Le racisme évoque l’ensemble de ceux qui s’imaginent supérieurs ou absolument séparés d’autres désignés par quelques caractéristiques, la peau, le comportement, une caractériologie rapide et fantomatique, l’arabe voleur, le noir lascif, le chinois fourbe, le jap retors, le mexicain sanguinaire, l’européen exploiteur et j’en passe, une série de clichés qui comme l’écume passent et repassent. Serait raciste celui qui se définit par quelques traits raciaux, reconnaît à ces traits le fondement d’une communauté d’égaux séparés d’autres communautés d’inférieurs ou de nuisibles. Il y a donc dans le racisme un étrange ballet entre le principe d’égalité (à l’adresse de ceux de la même race tous homogènes, équivalents et interchangeables) et les principes de séparation et de purgation nécessaires de ce même corps menacé, une sorte de théorie microbienne induite qui assimile le racisme à un anti-corps, de là le fait que le racisme soit une vision du monde ordonnée.

On sait que le racisme est réduit à l’hitlérisme et de là traité comme une doctrine criminelle passible des tribunaux alors même que le communisme qui partage avec le racisme le principe d’égalité et de purgation y est considéré comme un mouvement politique et un dispositif idéal un peu exagéré.

Car la démocratie finit par inférer de sa condamnation du racisme une condamnation absolue de toute supériorité et de toute différence qui se tient dans la force discriminante séparant nous et eux, toi et moi, lui et vous et ce au nom d’un universalisme indifférentiste qui prétend assimiler ou juxtaposer de braves communautés de fidèles.

Or la vie n’est pas indifférence, la vie est affirmation, la vie est donc discriminatrice, la vie d’un homme se résume à l’ensemble de ses dilections et c’est à partir de ces dilections que se forment des familles d’esprit qui sont les entités les plus séparées et les plus ennemies qui se puissent connaître, Goethe appelait cela les affinités électives, il aurait pu y ajouter les répulsions qui ne le sont pas moins, électives.

Arrêtons nous sur le témoignage d’un jeune hollandais d’origine marocaine dans un ouvrage de Ian Buruma, On a tué Theo Van Gogh. Il plante la scène inaugurale, à 6 ans les parents de son meilleur ami n’ont pas voulu l’inviter à la fête, il a donc compris qu’il était à part, mis dans une boîte, délaissé. Il ne se dit pas que la réciprocité est importante, que ses propres parents n’ont pas cherché à inviter son meilleur ami, à agrandir le cercle du don et la sphère du potlach, où l’amitié se lit intimement à la perte des richesses pour conquérir le mystère des alliances, non, ses parents ont préféré laisser les frontières du cercle en place, entre musulmans.

Le même affirme que son sang est marocain et son passeport hollandais une question d’opportunité, il ne lui vient pas à l’esprit que cette réflexion est non seulement offensante mais indigne d’un homme élevé dans un pays qui lui a offert quelques chances à travers quelques rencontres dont celle de Theo Van Gogh. D’ailleurs ce brave jeune homme amateur de Tae Kwon Do devrait lire la manière dont on traitait les jeunes garçons errants dans son Maroc natal, c’est un petit roman instructif, le pain nu de Mohammed Choukri.

Enfin il dit comprendre le geste de l’égorgeur de Theo Van Gogh, car projeter le Coran sur le corps nu d’une femme est une insulte faite à tous les musulmans, un blasphème. Il ne lui vient jamais à l’esprit que poursuivre, pourchasser, écraser, mutiler et égorger les membres de toute Eglise chrétienne, de tout cercle agnostique ou athée, comme cela se pratique largement dans son pays et ceux de l’immédiat voisinage est une infâme saloperie que des milliers de projection de Coran sur le corps nu de milliers de femmes n’égaleront jamais.

En une phrase ce qui est absent du discours de ce genre de discriminé musulman européen c’est la simple réciprocité, ce qui permet à un interlocuteur de dire réellement tu et non vous, eux, les autres, les salauds, c’est ce lien étrange et ténu qui permet à deux individus de se reconnaître du premier coup d’œil en dehors des frontières de classe, de race et de nationalité, de là qu’on tente d’imposer dans le discours public le silence devant l’inanité criarde de cette doctrine officielle de l’Universalisme carpette qui n’a ni concept, ni Idée, juste des tribunaux pour plier et poursuivre, juste des bons sentiments pour nous dire, faut comprendre.

 

Arlozoroff/PKK