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09.07.2008
Racistes et Discriminés
Le racisme est une entité floue, tantôt c’est une doctrine, parfois un acte, le plus souvent une série d’actions auxquelles on impute une motivation unique. Le racisme évoque l’ensemble de ceux qui s’imaginent supérieurs ou absolument séparés d’autres désignés par quelques caractéristiques, la peau, le comportement, une caractériologie rapide et fantomatique, l’arabe voleur, le noir lascif, le chinois fourbe, le jap retors, le mexicain sanguinaire, l’européen exploiteur et j’en passe, une série de clichés qui comme l’écume passent et repassent. Serait raciste celui qui se définit par quelques traits raciaux, reconnaît à ces traits le fondement d’une communauté d’égaux séparés d’autres communautés d’inférieurs ou de nuisibles. Il y a donc dans le racisme un étrange ballet entre le principe d’égalité (à l’adresse de ceux de la même race tous homogènes, équivalents et interchangeables) et les principes de séparation et de purgation nécessaires de ce même corps menacé, une sorte de théorie microbienne induite qui assimile le racisme à un anti-corps, de là le fait que le racisme soit une vision du monde ordonnée.
On sait que le racisme est réduit à l’hitlérisme et de là traité comme une doctrine criminelle passible des tribunaux alors même que le communisme qui partage avec le racisme le principe d’égalité et de purgation y est considéré comme un mouvement politique et un dispositif idéal un peu exagéré.
Car la démocratie finit par inférer de sa condamnation du racisme une condamnation absolue de toute supériorité et de toute différence qui se tient dans la force discriminante séparant nous et eux, toi et moi, lui et vous et ce au nom d’un universalisme indifférentiste qui prétend assimiler ou juxtaposer de braves communautés de fidèles.
Or la vie n’est pas indifférence, la vie est affirmation, la vie est donc discriminatrice, la vie d’un homme se résume à l’ensemble de ses dilections et c’est à partir de ces dilections que se forment des familles d’esprit qui sont les entités les plus séparées et les plus ennemies qui se puissent connaître, Goethe appelait cela les affinités électives, il aurait pu y ajouter les répulsions qui ne le sont pas moins, électives.
Arrêtons nous sur le témoignage d’un jeune hollandais d’origine marocaine dans un ouvrage de Ian Buruma, On a tué Theo Van Gogh. Il plante la scène inaugurale, à 6 ans les parents de son meilleur ami n’ont pas voulu l’inviter à la fête, il a donc compris qu’il était à part, mis dans une boîte, délaissé. Il ne se dit pas que la réciprocité est importante, que ses propres parents n’ont pas cherché à inviter son meilleur ami, à agrandir le cercle du don et la sphère du potlach, où l’amitié se lit intimement à la perte des richesses pour conquérir le mystère des alliances, non, ses parents ont préféré laisser les frontières du cercle en place, entre musulmans.
Le même affirme que son sang est marocain et son passeport hollandais une question d’opportunité, il ne lui vient pas à l’esprit que cette réflexion est non seulement offensante mais indigne d’un homme élevé dans un pays qui lui a offert quelques chances à travers quelques rencontres dont celle de Theo Van Gogh. D’ailleurs ce brave jeune homme amateur de Tae Kwon Do devrait lire la manière dont on traitait les jeunes garçons errants dans son Maroc natal, c’est un petit roman instructif, le pain nu de Mohammed Choukri.
Enfin il dit comprendre le geste de l’égorgeur de Theo Van Gogh, car projeter le Coran sur le corps nu d’une femme est une insulte faite à tous les musulmans, un blasphème. Il ne lui vient jamais à l’esprit que poursuivre, pourchasser, écraser, mutiler et égorger les membres de toute Eglise chrétienne, de tout cercle agnostique ou athée, comme cela se pratique largement dans son pays et ceux de l’immédiat voisinage est une infâme saloperie que des milliers de projection de Coran sur le corps nu de milliers de femmes n’égaleront jamais.
En une phrase ce qui est absent du discours de ce genre de discriminé musulman européen c’est la simple réciprocité, ce qui permet à un interlocuteur de dire réellement tu et non vous, eux, les autres, les salauds, c’est ce lien étrange et ténu qui permet à deux individus de se reconnaître du premier coup d’œil en dehors des frontières de classe, de race et de nationalité, de là qu’on tente d’imposer dans le discours public le silence devant l’inanité criarde de cette doctrine officielle de l’Universalisme carpette qui n’a ni concept, ni Idée, juste des tribunaux pour plier et poursuivre, juste des bons sentiments pour nous dire, faut comprendre.
Arlozoroff/PKK
13:22 Publié dans Armée Mauve | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : racisme, discrimination, theo van gogh, ian buruma



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Commentaires
Excellent texte.
Ecrit par : Hank | 31.07.2008
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