03.07.2008
Bettancourt libérée, never mind the bollocks
En quoi la libération d’Ingrid Bettancourt devrait-elle me projeter dans un monde de joie sans fin et de bonheur suprême, en quoi doit-elle aliéner dans la complète adulation la moindre distance critique. Cette femme fut enlevée et détenue, soit, je doute qu’elle ait été torturée, humiliée ou victime de simulacres d’exécution ou quoi que ce soit de ce genre, son sort serait à comparer à celui de ce soldat franco-israélien détenu depuis deux ans par le Hezbollah dans l’indifférence complète ou disons dans la discrétion de Monsieur Sarkozy qui opère plus que jamais en distorsion.
Je n’admire pas Madame Bettancourt, je suis indifférent à Madame Bettancourt, je n’ai donc aucune espèce de culpabilité voire le moindre sentiment pour cette dame, je ne sais même pas ce qu’elle pense ou déclare penser. Ce que je vois est assez simple, Monsieur Uribe sort d’une crise constitutionnelle par une opération psychologique digne des annales de la déjà longue histoire de la contre-insurrection et des stratégies de la tension.
On érige un adversaire en monolithe sanguinaire, ce sont les FARC, on leur attribue crimes, enlèvements, attentats, trafic de drogue et délire idéologique, on les localise dans un lieu sauvage, la jungle, on les prétend imperméables, digne roc stalinien chu ici-bas.
Or qui suit, même en pointillé et de très loin, découvre que la Colombie vit dans une violence politique et sociale permanente depuis les années 1950, y déposer les armes quand on a choisi la voie de la lutte armée c’est se préparer un suicide en bonne et due forme, au mieux l’exil, pour les paramilitaires adeptes du sale boulot et des corvées de bois rémunérés en cash, c’est risquer le rôle permanent du cocu avec extradition vers les Etats-Unis, sinon l’oligarchie continue à tourner, les colombiens à s’exiler et d’autres à inventer une culture populaire faite de mauvais feuilletons, de musique de club et de goût pour le pimenté, bien entendu dans ce maelstrom, une seule Institution tient debout, l’armée.
Or ces derniers temps, il semble qu’Uribe soit touché par la Grâce , efficace et non plus suffisante. D’abord le n°2 de la guérilla est localisé et tué, puis le n°1 meurt, enfin on apprend qu’on peut infiltrer sans grande difficulté les FARC donc les manœuvrer, on découvre dès lors qu’ils sont, ces braves marxistes, les meilleurs alibis d’un pouvoir corrompu et rapace.
Comme pour tout pouvoir qui a le sang des autres pour moteur, le complexe colombien qui tient le pays a besoin d’icône et puisque nous sommes en pays catholique, la vierge sert parfaitement de modèle et de figure à ceci près que la Vierge colombienne ressemble étrangement à Madame Albanel, united colors of NAP and XVIIème oblige.
Je ne sais si les colombiens qui ont amassé une bonne dose d’indifférence et de ras le bol, de peur et de mépris, de petits bonheurs et de débrouille marcheront à la sanctification comme le fait notre contrée anémiée dans le sarko-delanoïsme et la liturgie larmoyante, en revanche je dirai face à de tels évènements, non me frego.
Arlozoroff/PKK
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25.06.2008
it's raining today
Les yeux fourchés dans l’absence
Sur les murs comme un gris de surface
Un aplat de silence
Le tintement des gouttes sur le sol
Des talons qui claquent
it’s raining today
Les yeux rouillés d’une absence
Sur le trottoir la valse des matelots à rayures noires
Sur le ballast la gangue des rouges à lèvres se répand en devanture
Vitrines démangées, luminescence glauque des néons
La nuit, quartier, quartier rouge
it’s raining today
Les yeux brûlés d’iode
Le soleil tournoie en striures
Sur le dance floor des corps se débattent
Des bras blancs perdus dans l’éclat des bracelets
Breloque des cartes qui se battent et se coupent,
Il est minuit dans ton cœur, tu demandes
La dame de pique
Pli aux lèvres
Zip de la bouche qui ripe
it’s raining today
Les yeux clos, une nébuleuse étroite d’ombres vertes
Viendront te prendre
Dans la calebasse, une sorcière à face à main
Le corps pris dans une torsade de bambous
Il est passé le temps, il est passé
Et pourtant
it’s raining today
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20.06.2008
Lagarfeld, la gauche et les racialistes
Hier soir, dernière de la saison pour ce soir ou jamais, je traînais donc devant l’écran, télécommande en main, Taddei de sa voix de crooner chaptalisé dans la radio-diffusion jouait les amphytrion, la veste ouverte, la chemise décravatée, le style classe négligé ouvert par Gainsbourg. Allez ils allaient causer de la France et de sa culture, les femmes d’abord, Charlotte Rampling, égérie sado-maso des années 70 puis homo reprise en pellicules 35 mm par le demeuré du film d’auteur François Ozon. Nancy Huston canadienne sortie de Greenwich village saison contre-culture le genre à persifler sur les méchants professeurs du désespoir, les littérateurs sans progéniture. Marjane Satrapi, l’embonpoint sympathique, l’iranienne loukoum, brune corbeau et pensée pahlavi mais vue de gauche.
Question bonhommes, le nain évadé des toiles de Goya, Fernando Arrabal arborant un tee-shirt Rembrandt, la leçon d’anatomie, étouffant dans ses vomissures acariâtres, auteur le plus joué ponctuait Taddei, c’est dire. Vient le tiers-mondain nourri au ressentiment le mauritanien émacié qui allait donner des leçons de rédemption culturelle à la France , Abderrahmane Sissako, lequel ne dispose ni de moyens, ni de publics, ni d’écran dans son pays mais qui se persuade du haut de sa suffisance qu’il peut pérorer en esperanto, l’avenir c’est la diversité et autres bullshiteries grosses comme des dents creuses. Enfin Lagarfeld, élégance noire et blanche travaillée, gaze et poudre, ceux qui ont lu les chroniques de Pacadis savent que Lagarfeld est de la lignée des artistes de la Renaissance , faiseurs de bals, de défilés, trousseurs de costumes, protégés des grands, assez conscients de l’absolutisme de l’Opinion et de sa médiocrité pour lui préférer les caprices à honte variable des incultes qui nous gouvernent. Vivre et penser comme des porcs disait Gilles Châtelet avant de laisser la place dévoré par le rougeoiement épineux de l’acronyme à quatre têtes, c’est cela qui guette et annonce l’alternative de l’avenir : s’y résigner ou combattre.
Lagarfeld enchaîna Bossuet, Madame de Staël, Voltaire, Hugo, fit mention de Carette (celui de Renoir), des chtis, définit la séparation drue entre l’art et la culture de masse, le premier demandant du temps, un temps de décantation, le second saisissant l’Instant puis s’évanouissant dans la pénombre de l’Oubli. Il saisit bien que la France célébrée dans les lumières multiculturelles du métissage trop génial qui vient demandait un aggiornamento tel qu’on désignait d’un homonyme, un réel qui avait fui. La France des années 50 celle du Truffaut des 400 coups toute blanche et sourires, ne dérogeant en rien aux castes sociales tirées du XIXème siècle n’était plus la France urbaine de l’Est de l’hexagone avec son prolétariat charrié des quatre coins de la Méditerranée , des plaines slaves et d’ailleurs, nous n’avons toujours pas le Balzac de splendeurs et misères des courtisanes pour en tirer le portrait nous avons Christine Angot qui nous racontera comment elle a pompé grave Doc Gyneco, c’est génial. Lagarfeld allait plus loin, il disait les masses marchent au travail, il leur faut l’élixir suprême, se sentir utile, pour continuer. Travailler et déchoir c’est là le point de panique qui s’invite aujourd’hui, le troupeau gronde devant le déferlement des paysans chinois prolétarisés au rouleau compresseur du capitalisme, il lançait un chiffre en passant, 30 $ par mois comme prix de la sueur.
Que répondait le chœur de gauche, des cris, seulement des cris : la France ne change pas, la France ce sont les manières de table, il faut moins subventionner le cinéma français, il faut que la France s’évanouisse en une Afrique de rêve et de carton pâte et puis le galimatias pataphysique du nain monstrueux, j’avais dit Goya mais non je le voyais bien le nain était sorti grimaçant du cadre des Ménines.
Pour finir, Val dans Charlie-Hebdo se plaignait des supporters tout blancs qui pissent sur les arbres du Capitole la bite à l’air, very chocking , le brave Val. On sentait dans son propos une haine raciale ou de classe, la prose léniniste du écrasons ces insectes Il se trouve que sortant hier de la Préfecture de mon département après avoir versé 277 euros pour une carte grise et avoir attendu quatre heures, je vis devant les yeux impavides des parents et des policiers un gosse de huit ans, maghrébin visiblement pisser face à l’entrée sans que rien ni personne ne le dérange, il aurait pu chier à même le hall que personne n’aurait bougé, comme si les français avaient renoncé à la common decency dont parle Orwell.
Ce gamin et ses parents ne tisent pas, ni bière, ni vin, leur superbe religion leur interdit la fermentation mais pas les glaviots en rangs serrés et les défécations et positions ondinistes à même les rues. La France a un boulot immense, inculquer à des échappés de bidonvilles et des paysans incultes le Baba de la décence et de la politesse, le chemin qui rend toute vie sociale moins agréable que vivable, cela s’appelle une acculturation, cela demande du temps et de la ténacité, cela demande de rompre avec l’air démocratique du nivellement qu’il soit homogène racialement ou fragmenté dans le pot commun du métissage, car cela demande une volonté évidente de s’élever à tous les sens du terme.
Arlozoroff/PKK
13:28 Publié dans Censure | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : karl lagarfeld, vélasquez, taddei, gauche, val, racialiste
28.05.2008
le fonds de l'air
Sarkozy a changé de monture et donc de montre, Patek Philippe, discret, sertie poignet de faux-derche, il la lustre bien, de mains en mains d’invités, ils la regardent, la touchent, ceci est mon corps qu’il dirait le marquis trombinard de Neuilly s’il avait autre chose que du culot d’ado certifié gros naze comme on disait de mon temps, et puis Audiard l’a dit le genre Sarko ça se reconnaît tout de suite à ce que ça ose tout, remember les tontons, allez je rembobine, Ventura et Blanche tartinent sous l’œil dalban yes sir et les deux frères rappliquent, le même air de loufiat, volfoni à l’Elysée.
La seule chose qu’il donne jamais Sarko ce sont les petits secrets de Polichinelle des Hauts de Seine, bizarre y avait les affaires sociales confiées à Balkany qui multipliait les électeurs et la planche à billets, suivent les petits marchés de fournitures, factures dopées aux hormones made in euroland qui disparaissent, sociétés bénéficiaires qui ferment, clefs sous la porte et tout, I don’t remember qu’ils disent, documents administratifs qui disparaissent dans les coulisses du conseil général ou celles de la chambre des comptes, ordinateurs traités façon 2001, cahiers d’entrées-sorties du personnel qui se déchirent, l’hypothèse de l’autodisparition des vestiges, après l’autocombustion d’AZF, la France est le pays du miracle, Amen.
Alors bien sûr on tatanne le faux chômeur qui refuse 63 fois un emploi, on voit que le président il a jamais su ce que c’est une ANPE, parce que sinon il aurait découvert un peu embrouillé qu’on a rarement vu cet organisme proposer quoi que ce soit à qui que ce soit, chasse au snark que ça devrait s’épeler l’agence, on rengaine sur le grutier marseillais qui travaille que 2000 heures par an sur les docks, on jouit sans entrave sur le service minimum après la culture minimum, le savoir minimum et la vulgarité maximum qui règne sous Niko Ier avec à la baguette David Guetta d’un côté et Cali de l’autre, mille fions trépanés qu’il devrait chanter l’espingouin de Perpignan, on verse lalarme sur le pêcheur qui s’en va dans le fonds des aides, on turlupine à qui mieux mieux mais qui peut croire encore ce Triboulet et puore si muove, ouais encore un peu…
Arlozoroff/PKK
18:38 Publié dans Censure | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les tontons flingueurs, audiard, sarkozy
22.05.2008
Delanoë et la décomposition du PS
Sur la couverture du nouvel obs, le maire de Paris de ¾, la main apposée sur la joue, l’air évaporé, on entend distinctement un ciel mon mari échappé d’un mauvais Boulevard, dans l’armoire en calbut’ on imagine bien Sarkozy qui paluche Joffrin, ça fait son Feydeau en version têtu intégrale vaseline en moins, c’était quoi déjà le titre de têtu, plaisir et centimètres, vérité ou fantasme ?, c’est une question que devraient se poser les camarades socialistes parce qu’à ce point de débandade y a plus de limites et quand je dis débandade je cause dans les deux sens, littéral et figuré, Delanoë après la joconde du Poitou, y préparent quoi comme suite, Yvette Roudy ?
Bon je reviens à la couv’, la phrase, « moi, libéral et socialiste », deux prédicats antithétiques, un pronom personnel bien souligné, on se dit le seul substantif dans cette phrase c’est lui, l’évaporé, le reste c’est néant, libéral à l’heure des mondialisations et des fuseaux horaires franchis en cinémascope, socialiste quand y a plus d’ouvriers que sans papelards, du moins à la téloche qui en connaît un rayon côté prolétaires, donc le truc qui marche au blairisme réchauffé, je suis socialiste moderne ou libéral de gauche, les ritals sont plus francs ils disent démocrates, autant dire rien.
La candidature Delanoë, c’est l’idéal pour tous, pain béni pour Sarkozy, j’imagine déjà les prochaines ouvertures de JT l’homme qui a fait pleurer Bertrand, l’homme qui voulut tuer Bertrand, après qui court Bertrand, et plus il avance l’édile parisien, l’Etienne Marcel des tant d’euros au m2, le socialiste à six zéros, plus il avance plus il ressemble à son pote Pascal Sevran. J’imagine le jingle, moi je veux mourir sur scène… et Nico qui tend le pouce, vas-y mais vas-y donc. Pain béni pour le facteur qui jouera la troïka bolchévique sur canapé Drucker, pain béni pour Bayrou qui sortira du musée son bus au colza, pain béni pour Le Pen momifié qui lancera sa campagne contre les judéo-invertis, ou les islamo-trous du cul avec dérapages nombreux et répétés, Delanoë c’est le grand cirque assuré avec défaite au final, flon-flon et champagne, cris d’hystérie sur la France moisie.
Arlozoroff/PKK
13:50 Publié dans Censure | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : delanoë, sarkozy, joffrin, feydeau, le pen, bayrou, yvette roudy


