26.06.2008

L'Europe, les camps et les immigrants

Le parlement européen vient de porter à 18 mois la durée de rétention des étrangers dont le statut est incertain. Cette mesure tend donc à pérenniser l’existence d’espaces soustraits au droit commun, qu’il soit civil, pénal ou carcéral.

Dès lors on est en droit de constater que l’Europe s’apprête à se couvrir de camps et que le marché est si juteux que des sociétés sont déjà en piste pour fournir le nécessaire et décrocher les contrats de fourniture. Bien entendu le camp apparaît pour traiter deux situations distinctes : le passage illégal de frontières ou la suspension d’un ordre politique institué (par un coup d’Etat, une guerre civile, une insurrection coloniale, des actes terroristes).

Dans les deux cas il y a bien exception mais le premier type de camp inclut dans un espace un individu étranger à l’ordre juridico-politique d’une nation et le second un ennemi de l’Etat, c’est toute la différence entre le centre de rétention de Vincennes où les visites de la Cimade sont autorisées et Guantanamo où les pratiques carcérales sont tenues au secret et la torture encadrée par des ordres présidentiels. Confondre les deux relève de l’a priori idéologique ou de la cécité.

Toutefois quatre remarques complémentaires viendront compléter les contours de ces camps de rétention à l’européenne :

1 En fixant un objectif quantitatif, Hortefeux traite les immigrants clandestins comme une variable statistique qui permet de classer les équipes de capture en fonction de leur résultat. Dès lors on se refuse à traiter les causes de l’immigration illégale (demande patronale française, exercice juteux du servage et de la traite) et à fixer une politique à la fois crédible et simple dans ses attendus. Politique qui répondrait aux questions suivantes, si l’immigration est nécessaire ou désirée qui doit venir, comment et sous quelles modalités. En conséquence toutes les autres catégories sont déboutées, les filières démantelées, les entrepreneurs indélicats sanctionnés. Il est bien évident que le gouvernement a choisi une autre voie.

 

2 En pérennisant les centres de rétention, une chaîne d’intérêts matériels, mêlant les domaines légaux et illégaux, se forme qui va du constructeur de camps, aux consulats délivrant les visas, aux filières de passeurs, aux réseaux de servage et de traite, aux entrepreneurs, aux employés indélicats des préfectures et des commissariats, aux chaînes hôtelières, aux compagnies d’aviation, aux entreprises fournissant repas et linges et bientôt aux sociétés privées de surveillance lorsque les services de police se déclareront débordés. Une fois la chaîne formée il est évident que la trancher devient comme le nœud gordien de la question.

 

3 En traitant le passage illégal de frontière par le camp, l’Europe comme le gouvernement français dépouillent l’immigrant de sa nationalité d’origine et lui confèrent une triple caractéristique, sa couleur, sa qualité vague d’humain et le nom flottant de sans-papiers L’immigrant est donc traité comme un luftmensch et son Etat d’origine déchargé de toute responsabilité dans cette fuite éperdue, dès lors on s’habitue à considérer un humain comme une entité superflue, non plus une exception mais un déchet, celui qui n’a plus de territoire nulle part et qu’on se repasse comme ses bennes flottantes chargées des débris du monde urbain. Aussi les policiers marocains peuvent les abattre, des passeurs les larguer en mer sur un rafiot troué ou les lâcher dans le Sahara, la police algérienne les remiser dans une enclave déserte du nord du Mali, des couples bien mis les user à titre d’esclaves personnels, des patrons débraillés les couver à 45 degrés centigrades au milieu des plants de tomates, cela n’a aucune importance, ils sont l’invisibilité même celle qui n’a pas de place et ne veut ni ne peut plus répondre aux injonctions.

 

4 On tait les responsabilités des Etats d’origine au nom de l’Histoire censée prouver la perversité de l’européen blanc, on tient pour acquis ceci, les européens sont des salauds qui ne veulent plus vivre qu’entre eux, on maintient les braises du ressentiment à coups de trompettes du djihad ou de nationalisme délirant et nos gouvernements, nos financiers, nos hauts fonctionnaires concluent des accords dits techniques, placent sur les comptes nécessaires la fortune de brigands de leurs homologues arabo-africains, sud-américains, européens ou asiatiques, se rendent en villégiature dans ses paradis où la permissivité règne pour celui qui détient le pouvoir et le bâillon  et font la leçon pédagogique sur les vertus de la tolérance ou les mille et une manières d’accommoder les récits de la glorieuse Europe qui a mis fin aux guerres fratricides.

 

Car il ne faut pas s’y tromper non seulement l’Europe c’est à dire ce réseau qui tient les peuples pour d’ingénus abrutis ou un compost de brutes populistes aura des camps mais elle n’hésitera pas à sacrifier une population qu’elle méprise sur l’autel de la concurrence et de la mondialisation. Cette Europe aura donc ses motu proprio avec génuflexions et messes en latin, il est à craindre que les mendiants soient nombreux à la sortie de l’office.

 

Arlozoroff/PKK

 

19.06.2008

L'Irlande, Tartuffe et les cravatés

Les irlandais seraient donc des salauds, des gavés, de pauvres types sans reconnaissance qu’on a tirés de leur trou à merde avec cochons et pommes de terres pataugeant dans la gadoue du catholicisme ultra, c’est la substance du discours public ou non de nos luminaires de gauche comme de droite, c’est l’accent des propos débraillés de Sarkozy et des remarques de l’économiste de gauche Bernard Marris, feu sur les fenians doit-on comprendre.

Je ne remonterai pas à la bonne étoile des irlandais passés à la moulinette du Lord Protector Cromwell, dépouillés de leurs terres, puis affamés par centaines de milliers jusqu’à crever de faim au nom du libre-échange inflexible en plein cœur de ce siècle de progrès qu’était le XIXème. Ils partirent, ils cinglèrent vers l’Amérique en majesté, qu’elle était verte ma vallée ouais qu’elle était verte dans l’odeur de sang et de cadavres dont Joyce essaya de se réveiller. Lorsque la Pâques sanglante éclata les fenians se sacrifièrent héroïques, au sein de la Poste centrale de Dublin et au-delà, on tira Connoly de son lit d’hôpital pour l’exécuter, j’imagine que l’Intransigeant devait titrer bien fait pour les traîtres ou 12 balles bien senties pour les lâches. N’empêche l’Irlande commença à conquérir sa liberté autrement que par la fuite éperdue de ses fils.

Les pauvres types qui nous gouvernent ou nous éclairent, si chatouilleux sur le chapitre des crimes d’antan avec fanfares et interdits, plus jamais ça et adoptions post-mortem, ces bouffons justissimes du présent si beau, si propre, n’ont que la décence de pacotille des dévots que conchia Molière dans Tartuffe. Avant de se prononcer sur les milliards d’euros déversés sur l’Irlande et de juger qu’il y en a trop, que vraiment on ne peut rien confier à un pays qui joue du dumping fiscal les tartuffini auraient dû se demander ce que c’est que d’être un pays dont le nombre d’habitants était le même en 1830 et en 1980 parce que la famine, parce que la pauvreté, parce que l’oppression, parce que la guerre, parce qu’on suit toujours la ligne de vie qui contraint parfois à déserter pour d’autres horizons, ils auraient dû se demander ce que ce pays périphérique avait apporté à l’Europe en terme de chants, de prosodies, d’écrits et ils auraient alors conclu que ces héritiers d’une histoire de chaos, de violences, de courage et d’abnégation, ces héritiers d’un Empire de papiers et de guitares avaient bien le droit de dire merde à Barroso et ses collègues qui ne sont jamais que les derniers cravatés en date de la pédanterie grise et morne de la morale planétaire du libre-marché qui ne connaît que des règlements et des consommateurs.

 

Arlozoroff/PKK

 

18.06.2008

Allez les Bleus ! On est tous ensembleu !

ça y'est.  L'irréparable vient d'arriver. Contre toute attente, et devant une population mondiale inconsolable, les Bleus ont été injustement éliminés de la coupe d'Europe. C'est terrible, c'est affreux le Gouvernement devrait d'ailleurs décréter une journée de deuil national pour exprimer son soutien inflexible à une équipe si représentative de l'Amitié Entre les Peuples ; humiliée, bafouée par une horde de sauvages homogènes, blonds parfois, bref par des salauds qui n'ont rien compris à la Modernité.

À première vue, nous aurions tendance à accuser le racisme, coupable ne n'avoir laissé gagné une équipe métissée, et porteuse des valeurs universelles, mais après réflexion, on se ravise, et on préfère pointer du doigt ces putains de macaronis xénophobes au passé fasciste, qui se plaisent à casser du converti nouveau à défaut de comprendre l'apostasie, faite d'amour, de tolérance et de paix.
L'injustice est également perceptible dans l'intention de la victoire des Italiens. les esprits fins auront rapidement décelé une façon de tourner le dos aux lumières de Grand Corps Malade, ce Génie du verbe citoyen qui fait rimer visages à message, et Diversité à adversité.

La rhétorique de la Diversité qui gagne, principale courroie de transmission idéologique d'un gouvernement à la dérive voyant poindre le gouffre, est plus que jamais mise à mal par le concret. Le système à atteint un tel point de délire éducatif par le terrorisme dogmatique, qu'il ne se figue pas que le principe d'échec peut lui aussi être imputable à son signifié chéri, qu'il se plaît à évoquer au gré de ses absences ou incontinences. La France black blanc beur qui perd, ça sonne franchement moins bien que le contraire dans une société dressée à l'utopie, mais peut-être que l'expression reflète d'avantage ce qu'elle draine au bout du compte. Le slogan reste en tout cas aussi légitime dans sa forme inversée.
 
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06.06.2008

Une parabole sur 68 : reprise du travail aux usines Wonder

Pendant trente ans, ce film parcellaire, seul rescapé d’un long métrage mort-né, sauve qui peut Trotsky, fut anonyme. Depuis peu, Jacques Willemont, alors étudiant à l’IDHEC, a revendiqué une paternité que l’auréole militante tenait sous le boisseau. Or l’histoire de ce film comme son plan unique qui capte une atmosphère flottante de défaite et de suffisances à la fois syndicale et patronale avec en son milieu une femme toute blanche et comme perdue parmi les cravates et les décravatés, ce film donc est la parabole absolue de 68 dans sa grandeur et ses misères.

Grandeur du refus, grandeur de cette femme qui tranche à même le souffle des héroïnes de Duras qui n’ont qu’un cri désignant tantôt la coupure de la folie ou la fêlure insaisissable qui tient le monde à l’écart. A ce point les syndicats ont obtenu un vote sur la reprise du travail, l’ouvrière passe d’abord, animal blessé elle baisse la tête puis se ressaisit, « je retournerai pas dans cette tôle », « c’est fini, on aura plus rien… », le syndicaliste cravaté s’affole ; c’est une victoire, un autre vient le soutenir, « enfin camarades… », le mot est lâché, le gros mot tâché de camarades qui sent son Staline et ses Maos tout neufs, ceux du Quartier latin, ceux de la GP , camarades, le mot appris pour taire. On en apprend assez sur le mélange des genres et des discours, le basta cosi des fêlés et le rabâchage des tactiques qui porteront dans dix mille ans la classe ouvrière au Paradis, le manteau fripé de l’écart lézardant les autorités bien assises sur l’efficace de la science, de la politique, de la cravate, de la nécessité du turbinage, on le voit cette femme est comme un taon parmi les hommes qui discourent mais vont en troupeau et un à un passer la porte que leur indique un petit cadre à la mode gaulliste, lunettes sévères et coupe en brosse, la mode para 58 qu’affectionne tant Dominique Venner.

Les à côtés du film traînent aussi quelques leçons de chose. C’est d’une IDHEC en grève que partent Willemont et ses trois acolytes, tous étudiants en première et deuxième année et déjà armés d’un œil, chose qu’un Desplechin n’aura jamais. Ils sont dirigés vers Wonder par un membre de l’organisation trotskyste lambertiste (OCI), un dénommé Charles Berg (alias Jacques Kirsner) aujourd’hui producteur et qui entend chapoter une sorte de Dziga Vertov à la sauce lutte de classe fossilisée. Seulement l’équipe arrive alors que la grève prend fin, première surprise, elle expose la faillite du militantisme là où l’OCI a besoin de héros prolétariens glorieux, le sexe ou le genre comme on dit dans les registres universitaires, n’ayant qu’une importance mineure puisque la femme est un garde rouge comme les autres. Dès lors la direction de l’OCI prend une décision sans appel, détruire le travail de Jacques Willemont dont le plan tourné aux usines Wonder n’est qu’un moellon, l’opération est menée un 14 juillet, une Bastille bourgeoise vient de tomber.

Toujours du côté des militants, Marin Karmitz encore mao lance son navet militant Camarades sur les écrans, il s’adjuge en première partie ce film piétiné devenu un court métrage sous le nom prosaïque de reprise du travail aux usines Wonder, on veut illustrer la directive de la période feu sur l’état-major traître du PCF, on trouve que ça colle bien, on aspire la colère de cette femme et on la plastifie en pasionaria rouge, en l’oubliant pour toujours dans les colifichets éternels de ceux qui sont toujours du bon côté, on a toujours raison de se révolter disait Sartre, chez ces gens là, Berg, Karmitz, c’étaient plutôt on a toujours raison de manipuler, d’endoctriner, de commander, d’envoyer au cimetière de l’oubli, au cimetière des années perdues, au cimetière des établis, au cimetière des talents et parfois au cimetière tout court.

 

Arlozoroff/PKK

 

18.05.2008

Les bêtes sauvages

Hier soir, au cours d'une émission grand public un peu con et vraisemblablement diffusée en direct sur TF1, un petit dérapage d'une invité, jeta un froid comme on les aime.

Alors que les animateurs s'esclaffaient autour d'un plateau bon enfant, sur des images d'animaux sauvages en train de se reproduire, le quart d'heure promo donna l'occasion à une féministe, de faire de la pub pour le Monologue du Vagin, et toute sa vacuité à l'occasion d'une tournée prévue à la Nouvelle Orléans. Évidemment, nous nous attendions à une conclusion convenue sur la prédation de l'Homme Blanc, sur sa veulerie mâtinée de machisme sexué, bref, sur la cruauté incarnée sur terre, mais le Miracle se produisit.

Elle annonça le plus naturellement du monde, que les fonds récoltés par la troupe de théâtre, serviraient "[…] à aider les femmes du Congo qui sont violées de 18 mois à 80 ans".

Consternation et silence gêné devant 8 secondes de réalité, un temps infinitésimal pour un cerveau atteint d'ictus amnésique citoyen.
 
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15.05.2008

Nicolas Sarkozy indo-européen malgré lui

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Lors de la campagne électorale Le Pen vint à point nommé rappeler le candidat de l’UMP à ses origines. Ce dernier répliqua par un discours dont on retint une formule, « je suis un sang mêlé » qui donnait la réplique à Little Big Man. En amant et en aval de ce discours, Nicolas Sarkozy avait tenu à manifester sa filiation magyare par un pèlerinage sur les lieux de naissance de son père puis, élu président, il embarqua sa mère, sépharade impeccable, le long de la grande muraille. La geste était claire, on ne lui ferait pas honte de son nom, en quoi il avait tout à fait raison.

Néanmoins, Nicolas Sarkozy appartient à une aire de civilisation indo-européenne, qui lui imprime une structure souveraine dont il n’est pas maître. Là où les analphabètes de gauche, orphelins du marxisme, voient dans le président un vendu à la cause néo-libérale, je perçois un Servius Tullius.

Même origine trouble aux yeux d’un souchéen à la Le Pen , même recours à la Fortune , même brigue de la louange du peuple, même volonté d’imposer un census qui fixe la hiérarchie sociale dans l’ordre des mérites et des blâmes.

A l’autre pôle de la souveraineté qui s’affronte au chaos et à la sauvagerie des Luperques, rappelons l’épisode d’Human Bomb et la répression réussie des émeutes de novembre 2005.

D’où vient dès lors, une sensation de défection sinon dans un ministère de la parole défaillant.

En effet, Nicolas Sarkozy, malgré quelques tentatives de sortie vers le talent, n’a su s’entourer que de médiocres dont le maire mort-né de Neuilly, le dénommé Martinon, est le parangon. Suffisance, lâcheté, démission, épaules courbées, échines souples voici la cohorte des courtisans.

Dès lors se lèvent dans la satire et la parole injurieuse une nuée de poètes, ce que les irlandais appelaient le file devant lequel « lacs et rivières s’enfoncent quand il censure et se dresse en l’air quand il loue ! ». Notre Servius Tullius aura beau s’époumoner, s’il ne révise pas la parole creuse, minable et hautaine du pouvoir, ce sont eux qui l’abattront.

 

Arlozoroff/PKK

 

06.05.2008

Un rêve de la réacosphère catholique

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Comment des plumes acerbes qui ont la catachrèse méchante peuvent jeter toutes les larmes de leur corps autour des avortements sinon par pure idolâtrie de la vie biologique comme si l’incarnation s’était corrompue dans le flux phylogénétique des races avec sur le côté pile le métissage promis des jésuites et sur le côté face l’ardeur de caste de l’opus dei. A voir les pays sans avortements, à voir la marée montante des âmes mortes et des désorientés perdus dans le désastre d’un monde qui pousse le nombre des humains sur l’asymptote des 10 milliards, je discerne l’affadissement démocratique de la doctrine chrétienne qui a le nombre pour boussole.

Il suffirait de rappeler la doctrine de Port-Royal pour limiter la portée du christianisme et en fixer les limites : ceux qui seront sauvés le seront en Jésus-Christ, par le baptême et la foi et non dans je ne sais quel codicille pondu par Paul VI sur les vertus conjuguées de l’abstinence, de la méthode Oulipo et des bordels nocturnes.

Même un ennemi implacable du christianisme tel que Nietzsche avait souligné ce que ce dernier avait apporté de subtilités dans les labyrinthes de l’esprit en édifiant le modèle de l’homme supérieur qui n’est pas exactement celui du saint.

Ce modèle les catholiques français l’ont assaisonné au génie du pays si bien qu’ils se conçoivent en lévites éperdus, en caste sacerdotale distribuant bons et mauvais points auprès du troupeau hédoniste perdu dans le technival permanent des lampions de l’émancipation interminable.

Ce que désirent les catholiques français ce n’est pas la puissance, c’est se substituer dans le rôle du prêtre, dans sa fonction doctrinale aux cohortes décharnés d’une gauche tuméfiée, c’est remettre l’Eglise à sa place, la première, c’est confier le gouvernement de ce pays à la sainte Mère, c’est restaurer le rêve d’Innocent III.

A ce rêve, je réponds ce que Maurras avait répondu à une autre fulmination, non possumus.

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04.05.2008

Un geste d'amour

Mon beauf revient du bled avec un cadeau pour moi.

Je fus bien évidement surpris d'apprendre par ma femme, que celui qui avait déclaré à l'époque, "jamais ma sœur ne se mariera avec un blanc, sinon elle est plus ma sœur", puisse revenir en France (territoire qu'il occupe depuis dix ans) avec un souvenir pittoresque à mon intention.
 
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Voici le contenu du paquet : un kit du bon petit musulman pour débutant, avec manuel d'utilisation pour la prière (Volume 1), et un carnet d'invocations coraniques (ta mère?) à apprendre par cœur.

Le chapelet en plastique imitation bois est du plus bel effet. Il me servira d'antivol pour ma caisse ; accroché au rétroviseur, il sera assez dissuasif pour écarter mes nouveaux frères de la tentation de l'emprunt. Allahu Akbar !
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01.05.2008

Une vieille professionnelle sans lendemain

Après deux ans d'exil dans des pays normaux (pratiquant l'assassinat des allogènes, la chasse aux ressortissants étrangers, la préférence nationale et le patriotisme), me voici de retour sur un territoire qui procède à l'exact opposé : la République du francistan.

La France ne semble plus composer d'une quelconque façon un pays, je veux dire que les valeurs fédérant un peuple autour d'un destin commun semblent définitivement sacrifiées sur l'hôtel du lobbying communautaire, astiqué par les nouveaux prêtres du prêt à chialer, ces rombières  payées pour feindre l'affliction que l'on appelle pleureuses dans le Midi, c'est à dire en Afrique Noire.
La France ressemble aujourd'hui à une vieille pute abandonnée par ces clients ingrats, qui après lui avoir défoncé le fion sans vergogne durant des années, lui annoncent d'une formule laconique qu'ils ne sont plus intéressés au vu de son trou du cul trop large ;  individus qui de surcroît n'hésiteront pas à lui piquer son studio le temps d'une soirée, pour inviter des copains qui se serviront dans le frigo.

Je ne m'attendais pas à un tel choc, mais la France pour un regard extérieur, rappelle aujourd'hui le hall d'un aéroport international du Tiers-monde. Je me demande ce qui doit traverser l'esprit d'un touriste japonais, lorsque les rêves indicibles figurant l'élégance des marquises du XVIIIe, sont dissipés par le molard équitable fusant du museau d'un grilleur d'arachides. C'est très simple, à aucun moment je n'ai senti de réelle rupture avec le continent africain, excepté qu'il y a encore trop de blanc ici, mais ce détail ne saurait perdurer très longtemps au vu du flux migratoire à sens unique qui submerge le grand parking.

Ce constat ne relève plus du fantasme, mais de l'observation stricto sensu, il n'a d'ailleurs aucune espèce d'importance, puisque j'ai l'intime conviction que le problème ne vient pas de l'extérieur, mais de l'intérieur. L'apogée de trente ans de rééducation mentale est désormais perceptible : des étudiants décérébrés continuant ad nauseam à se faire lyncher en musique lors de manifestations citoyennes, des animateurs vêtus d'un Ephod hypocrite, réellement indignés devant toute formulation concernant la censure dans ce pays, et ces éternels cortèges sélectifs en mémoire aux martyres de la Terreur leucoderme, ou des transformateurs électriques et fleuves encartés au Front National. Il y a réellement de quoi vomir devant tant d'hypocrisie, et prendre conscience de notre fin inéluctable en décodant par une phrase d'Alfred de Vigny, la partition qui se joue à l'unisson : "Il faut surtout anéantir l'espérance dans le coeur de l'homme"
 
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