14.07.2008
14 Juillet : I Had a Dream

21:54 Publié dans Semyorka et Katioucha | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 14 juillet, bachar el-assad, bernard kouchner, nicolas sarkozy, rachida dati, rama yade
05.07.2008
judaïsme en solde

Ce que les gentils ne comprendront jamais c’est que les juifs n’ont pas besoin d’ennemis pour se détruire et ce pour une raison simple, ce qui tient le nom juif dans le réel c’est l’étude, dès lors que l’étude disparaît, se répète et s’ennuie avant de se dissoudre le nom juif n’a plus de consistance, il n’est plus rapport indéterminé à la Loi (doit-on la tenir pour inoxydable, doit-on la dépasser, comment se conçoit le messianisme etc.) mais phraséologie des maîtres, rumeurs d’excellence et pour finir corruption pure et simple.
Pour paraphraser Péguy, toute communauté dispose d’une mystique et d’une politique, toute nation en a plusieurs. La politique juive française a misé sur Sarkozy et l’Etat d’Israël, qu’est-ce que cela donne dans les faits ?
Prenons deux exemples, on sait que Jean Sarkozy, 21 ans et dirigeant du groupe UMP des Hauts de Seine va épouser l’héritière Darty, Jessica. Il l’annonce lui-même, de telles alliances le conduisent à choisir la conversion au judaïsme orthodoxe. J’imagine que le consistoire va assouplir les règles de conversion comme il fit l’honneur du kaddish au banquier Edouard Stern qui était pourtant baptisé, comme si le judaïsme politique était plus attaché à la « race » qu’à l’étude pour énoncer ce qu’est un juif. Dès lors on est en droit de conclure ceci : pour le judaïsme politique français un juif opulent ou influent, et aujourd’hui c’est la même chose, tient sa judéité de sa mère donc de la filiation et non d’un quelconque rapport à la Loi , aussi se convertir au catholicisme ou à la religion réformée est affaire d’opportunité, comme le disait Heine c’est un passeport pour la modernité. Dès lors qu’il n’y en a plus besoin, on revient à la « race » et le consistoire se fera une joie d’accueillir le fils prodigue.
Le second exemple tient à une démarche étrange du CRIF. Celui-ci décide de réactiver une accusation fumeuse à l’encontre de France Télévision, celle d’avoir mis en scène une séquence où un palestinien et son fils sont pris sous le feu d’un échange de tir avant d’être touchés. Or cette réactivation intervient au moment où Nicolas Sarkozy se heurte à la résistance des personnels devant la diète qui les attend. Il est bien évident que dans la moraline actuelle lancer l’accusation d’antisémitisme à l’encontre d’une personne ou d’une Institution est la pire des dégradations morales possibles, aussi on sent à cet acte que le CRIF accourt au chevet d’un président bousculé, le même président qui n’hésite pas à proposer la partition de Jérusalem en vue de la paix à venir, le même président dont le gouvernement retire le qualificatif d’antisémite à un lynchage sous le prétexte que la victime comateuse appartient à une bande.
On le voit le CRIF s’arroge le monopole avec son appendice la LICRA de l’accusation infâmante d’antisémitisme, elle la distille à des fins strictement politiques, dévaluer la côte morale d’un adversaire, dès lors elle la voue au néant discursif.
Dans les deux cas, choix de la « race » dans la définition du nom juif, usage politique à géométrie variable de l’accusation d’antisémitisme, les instances politiques juives françaises n’ont aucune idée des conséquences de telles attitudes, ni même la moindre petite prescience de ce qu’est l’exercice responsable du pouvoir et celui-ci ne consiste certainement pas à tirer des traites sur la Shoah pour exercer un magistère moral autoproclamé en défendant à tout bout de champ la spécificité juive (la fameuse communauté fermée qui s’ouvre tout de même mais dans l’arbitraire le plus complet, on récite le kaddish pour Edouard Stern mais on refuse le bénéfice de la loi du retour au moine David Rufeisen, on admet comme juifs les falashas mais on tient pour anecdotiques les derniers marranes portugais ou maliens), la politique de l’Etat israélien et le président Sarkozy.
Arlozoroff/PKK
12:49 Publié dans Semyorka et Katioucha | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean sarkozy, darty, crif, edouard stern, marranes
06.06.2008
YSL à l’Eglise Saint-Roch : Dramaturgie télévisuelle
JT de vingt heures, grand messe cathodique, sur France 2, un reportage est consacré à l’enterrement du brave Yves Saint-Laurent, pied-noir, couturier, homo etc…etc…Je passe sur cette grande audace qui le conduisit à poser nu et j’attends que le président actuel fasse de même une rolex autour du gland et une Patek sur la cheville, allons à l’essentiel.
La scène se déroule à l’Eglise Saint-Roch, le commentateur ajoute l’église des artistes, on introduit l’intrigue, la messe n’est pas usuelle, en son essence la messe n’est pas égalitaire, elle traite les fidèles selon leur statut car les rétributions divines ne sont pas distributives mais proportionnelles, vieux pythagorisme repeint aux couleurs du Christ.
Un plan furtif cadre les officiants assis, car un peu et on oubliait que le bâtiment abrite des prêtres ordonnés et quelques chanoines dépêchés pour l’occasion, donc on ne pourra pas dire que l’Eglise n’a rien vu ni entendu, elle veille. Bach, Brahms, dit-on sont diffusés par la sono parmi des personnalités appariés par le cadre de caméra selon des catégories qui échappent aux stricts énoncés de la presse people. On voit bien le couple présidentiel, Carla/niko, la première échappée de Rungis, le second revenu dare-dare d’un collège et d’une école primaire, on retient Catherine Deneuve en sœur évanescente du grand couturier comme la métaphore vivante de la France élégante bien que reliftée, on perçoit un duo étrange composé de Bernadette Chirac et de Bertrand Delanoë, la France , le Monde, Paris s’inclinent devant le pied-noir timide à la coupe impeccable.
Puis le reportage insiste sur les discours d’adieu, Catherine Deneuve toujours et Pierre Bergé c’est là le nœud où tout bascule dans la dramaturgie télévisuelle. Jusqu’ici on avait forclos l’apparat religieux, dès lors France 2 va le ridiculiser. En effet, le discours de Pierre Bergé réduit à une émotion lacrymale et aphone est suivi dans le montage aberrant des journalistes de France 2 par les échos de la chanson des amants de Jacques Brel. Si on se souvient de la ritournelle associée à Pierre Bergé, on entend, « Bien sûr nous eûmes des orages, 20 ans d’amour c’est l’amour fol… » et on en déduit que Pierre Bergé fut l’amant d’Yves Saint-Laurent.
Je ne sais si ce montage a été approuvé sans réflexion mais au final on a une cérémonie où l’église catholique de France semble patronner au seuil du cimetière un couple homosexuel par égard pour le défunt, de la même manière qu’elle donna l’onction sans barguigner à la polygamie présidentielle de François Mitterrand. On revient donc à La Fontaine et on se répète, selon que vous serez…
Arlozoroff/PKK
12:25 Publié dans Semyorka et Katioucha | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : yves saint-laurent, église catholique, catherine deneuve, la fontaine
23.05.2008
A une bordelaise
Madame, j’aimais votre langue passée sur les lèvres, j’aimais le fard de vos joues en corolle sanglante, vous étouffiez Madame, soupirs et pause, on me dit que vous êtes partie, on me dit que vous êtes là-bas, on me dit Bordeaux, Gironde, appartement bourgeois, avez-vous perdu le sextant de vos jambes, peut-on les voir toujours dans le bleu parfait d’un ciel découpé, peut-on les aiguiser, regard ocre Madame, je vois vos songes bien halés.
Vous aviez un nom de chimère, un prénom de shampouineuse et j’aimais vos seins entichés, dans cette voiture Madame tard la nuit néon en spectres lugubres, dans cette nuit là Madame c’était un soir de juin, vos cuisses serrées vous aviez éteint le contact, ma jambe sur le levier, vos lèvres essuyaient le désir comme un souffle apparié, j’aurai dû Madame mais la vie s’estafilade, je porte la marque de vos corsets, la dague au chaud, je porte la blessure rouge, vous savez bien, dévastation silencieuse, immense cortège de mes fantômes, cela revient la nuit, le jour, qu’importe, votre prénom murmuré, vous souvenez-vous ?
J’ai appris bien des choses, ne serait-ce que la cruauté, qu’on puisse s’araser, qu’on puisse teinter, qu’on puisse s’effondrer, qu’on puisse revenir de tout et continuer, j’ai appris tout cela, dans mes brouillards, démarche aphteuse, je tiens les beautés fanées, je tiens les peaux charnues, je tiens les glucides enfouies en pistils étincelants de cellulite, je tiens les traces du temps pour le clin d’œil de vanité, je les tiens pour la marque même d’une émotion, je me retourne Madame, je me prosterne, j’enlève bas, chapeau tout bas devant ces Drouot infinies chantés par Barbara, vous aimiez Madame, ou ne restez-vous qu’à l’anglais, I wish en poussière devant votre vie bien gainée.
Si vous me lisez Madame, vous devez être passée au filtre du soir, vous devez résigner vos langueurs, vous devez éteindre le feu vous savez tout ce petit brasier qui couve, vulve et fournaises mêlées, si vous me lisez Madame, vous savez bien qu’à venger son sexe on perd son temps, les canons se taisent, on est là bras ballants, on oublie qu’on est de ces espèces enfouies, vous et moi, bientôt débris, bientôt dépôts, on dira de nous corpus de littérature française, l’amour et l’occiput, on dira de nous, ils se désespéraient.
00:09 Publié dans Semyorka et Katioucha | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barbara
02.05.2008
Mon keffieh ultra hype
Il parait que le keffieh est ultra hype depuis cet hivers, c'est ici. Certaines lectrices de magazines féminins recherchent un keffieh depuis qu'elles ont appris que c'était ultra fashion cet hiver, c'est par la.
Étant d'une naturel pragmatique, voilà comment je trouve le keffieh : ni hype, ni fashion, mais super absorbant.


16:26 Publié dans Semyorka et Katioucha | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arafat, chèche, gauchiste, keffieh
24.04.2008
Questions politiques autour des sans-papiers
Un tel usage de l’illégalité traduit l’incohérence d’une législation sociale qui ne permet pas à ce marché spécifique de fonctionner de manière efficiente. En toute logique, l’Etat devrait adapter les règles du jeu de manière à ce que salariés trouvent un intérêt à travailler dans de tels secteurs et que les patrons qui les emploient ne soient pas contraints de mettre la clef sous la porte de l’URSAFF s’ils se découvrent une vocation suicidaire de légalistes scrupuleux. Mais on préfère s’en tenir à la théologie politique d’usage : à gauche, on crie haro sur les salauds d’exploiteurs en se tapant des nems au poulets sans trop se demander d’où vient ce personnel nombreux, parfois très jeune et affable. A droite, on hurle, salauds de français, tous des fainéants, tout en employant aux normes philippines plongeurs et cuisiniers. Sortir de ce dilemme serait donc une urgence, on en est loin.
Venons en à la question politique, des collectifs de sans-papiers déclenchent une grève sous les yeux doux de leurs employeurs qui ne crient pas à l’entrave à la liberté de travail, ils trouvent une oreille complaisante auprès des instances de la CGT qui jouent les auxiliaires préfectoraux, le tout aboutit aux déclarations d’Hortefeux qui n’écoute pas les sans-papiers mais traite deux ordres différents de problèmes : celui de l’emploi dans le secteur de l’hôtellerie, celui de l’opinion. La solution commune d’un tel dilemme, il la trouve dans un bricolage douteux : fournir un titre de séjour légal à ceux qui sont nécessaires, nécessité fixée par les employeurs et avalisée ou corrigée par des instances ministérielles inconnues. Cette solution lui permet d’évacuer la double question politique.
La première est simple, quel est le sens de l’emploi de clandestins dans certains secteurs (hôtellerie, restauration, BTP etc…) au moment où les portes battantes de l’Europe sont grandes ouvertes, y compris sur l’Ukraine, sinon peser à la baisse sur la fixation des salaires ?
Si on estime que la politique est une querelle ouverte d’être parlants, régulariser des sans-papiers revient non pas à agir selon les fluctuations de l’opinion et du marché mais à faire un pari sur le devenir de tels êtres humains, un devenir clairement français. Accepter ou refuser un tel devenir, accepter ou refuser une éternelle déflation des salaires ouvriers sont dès lors les seules questions à trancher.
pkkafternoon
10:55 Publié dans Semyorka et Katioucha | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sans-papiers, régularisation, hortefeux, ursaff, daguin


